01 Décembre 2008
Les socialistes du 17ème arrondissement de Paris

Annick Lepetit sur le budget transports de la France pour 2008

Découvrez l'intervention d' Annick Lepetit à l'Assemblée Nationale du 9 novembre 2007 et son interpellation du ministre de l'écologie, développement et de l'aménagement durables Jean-Louis Borloo.



Annick Lepetit sur le budget transports de la France pour 2008

« Monsieur le ministre d’État,

Malgré les annonces faites dans le cadre du Grenelle de l'environnement, aussi bien par le Président de la République que par vous-même, le budget alloué aux transports collectifs marque une fois encore le désengagement de l’État, désengagement d'autant plus aberrant que le prix du carburant ne cesse d'augmenter.

Pourtant, chacun sait que le développement économique, l'emploi, l'environnement et la qualité de vie sont conditionnés par une politique des transports ambitieuse.

L'Île-de-France est un exemple significatif qui marque le recul de l'État et le désintérêt du Gouvernement pour la vie quotidienne de nos concitoyens. Plus de 12 millions d'usagers utilisent chaque jour en Île-de-France les transports en commun. Deux tiers des voyages SNCF sont effectués dans la région capitale. Or l'état de vétusté du matériel roulant et des infrastructures de la SNCF et de la RATP est extrêmement préoccupant. Une remise à niveau est donc nécessaire. Mais, faute d'investissement financier suffisant, le Gouvernement l'a laissé se dégrader. Le réseau de transport ne permet plus d’offrir aux Franciliens le service qu'ils sont en droit d'attendre. Tout ceci occasionne des retards et des dysfonctionnements dont souffrent trop souvent les usagers. Et ce ne sont pas les grèves qui provoquent ces perturbations quotidiennes, comme vous avez voulu le faire croire cet été en faisant voter la loi sur le service minimum, mais bel et bien l'absence, pendant des années, d'une politique ambitieuse et l'incapacité d'anticiper des investissements, certes onéreux mais essentiels aujourd’hui.

Dois-je rappeler que l'État n'a pas honoré le contrat de plan État-région Île-de-France 2000-2006 ? Pour nombre de projets, la région et les collectivités ont dû compenser la non-exécution des engagements de l'État.

Quant au contrat de projets 2007-2013, sa restriction est problématique, d’autant plus que, comparativement au contrat de plan, les crédits de l’État alloué aux transports baissent de 16 %.

En outre, il est étonnant de voir que dans le Grenelle de l’environnement les équipements de transports nouveaux annoncés ne concernent pas l’Île-de-France, alors que 65 % des voyageurs en transports collectifs sont en Île-de-France. Il est à noter que les transports en commun en site propre ne sont malheureusement pas soutenus par l’État, à l’instar du prolongement du tramway parisien.

L’analyse des budgets depuis 2002 montre que les gouvernements successifs n’ont jamais considéré les transports en commun comme une vraie priorité. Pourtant, nous savons que la mobilité sociale est une des clefs de la recherche d’emploi et du désenclavement des populations.

Des exemples concrets illustrent l’abandon de l’État.

Ainsi, s’agissant du RER C, l’amélioration qui était prévue est restée au stade de simples études. Quant à la saturation et les irrégularités que connaissent très souvent les RER A et B, que compte faire l’État pour y remédier ?

De même, la ligne 13, que je connais particulièrement bien, est aussi la grande oubliée des arbitrages financiers de l’État. Cette ligne de métro connaît de très lourds dysfonctionnements depuis de nombreuses années. Elle souffre de conditions de transports dégradées, telles que l’irrégularité, l’inconfort, la vétusté des voitures, une durée d’attente trop longue sur les quais et entre les stations ; s’ajoute à cela une surcharge de voyageurs, dont le nombre au mètre carré est supérieur aux normes légales. La ligne 13 est ainsi l’une des plus encombrées du réseau parisien, et un fort mécontentement ne cesse de croître chez les usagers. Depuis des années, l’État sait que seule une transformation d’envergure de cette ligne peut garantir un service public digne de ce nom. La mise en oeuvre d’une solution pérenne suppose qu’il engage des moyens importants, mais, jusqu’à aujourd’hui, seuls des crédits d’étude ont été inscrits, alors que la fréquentation de la ligne augmente inexorablement et que la mobilisation de milliers d’usagers, d’élus et d’associations s’intensifie.

La désaturation de la ligne 13 et des RER, ainsi que leur modernisation, sont des projets urgents, sur lesquels nous devons tous, je dis bien tous, nous engager. Ils concernent des millions de nos concitoyens, qui se déplacent quotidiennement dans des conditions de plus en plus difficiles. Les Franciliens attendent un réseau de transports fiable et moderne, des trains, des métros, des bus et des tramways qui arrivent à l’heure, qui soient confortables, sécurisés et surtout qui desservent tout le territoire, bref qu’il soit digne du service public. Nous ne pourrons y répondre que par un grand effort d’investissement. Et seule une véritable volonté politique peut le garantir.

Parce que ce budget pour 2008 ne correspond ni aux enjeux, ni aux discours, ni aux attentes des Français, je voterai contre. »


           


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