Edito
L'année 2009 sera une année très difficile pour nos concitoyens. Un Produit intérieur brut qui va se contracter de 1,8% (il faut remonter à 1940 pour retrouver un tel chiffre). Un taux chômage qui va croître de 40%, nous n'avons pas connu d'aussi rapide dégradation de l'emploi depuis 60 ans. Cette situation inédite, mérite un langage clair et des mesures appropriées. Or notre gouvernement qui a épuisé ses marges de manœuvre budgétaires avec un "paquet fiscal" injuste et contre-productif en début de législature, se refuse à l'humilité, la pédagogie et l'accompagnement de l'économie à un retour à "meilleure fortune". L'humilité serait de revenir sur la défiscalisation des heures supplémentaires qui pénalisent l'embauche, et de rétablir les droits de successions supprimés aux 4% des ménages exonérés l'été 2007. La pédagogie eut été de reconnaître la dimension de la crise qui étreint l'économie mondiale et d'exiger une éthique de la responsabilité auprès des acteurs économiques soutenus par la puissance publique (plafonnement des rémunérations des dirigeants). Et l'accompagnement de l'économie, se doit en période exceptionnelle d'être rapide efficace et massive. Or l'on nous propose des mesures en trompe l'œil : un tour de passe-passe budgétaire qui au final libère 0,5% du PIB pour financer des investissements (emplois de demain).
Chacun a bien conscience, à la lumière de ce qui est entrepris chez nos voisins, et aux recommandations des institutions financières internationales, que le plan de relance que nous propose notre gouvernement est incomplet et sous dimensionné. Les socialistes, autour de l'ancien ministre de l'économie Michel Sapin, ont entrepris de proposer un contre-plan de relance d'envergure dont l'enveloppe représente 2,5% du PIB. Il s'articule en 6 points : 1/ Relance immédiate du pouvoir d'achat au travers d'aides ciblées et d'une première baisse du taux normal de TVA. (l'impôt aveugle) 2/ Actions vigoureuses pour protéger les salariés dans leurs emplois victimes de licenciements. 3/ Relance de l'investissement par la puissance publique au travers notamment des collectivités locales et de la mise en chantier de logements sociaux. 4/ Sauvez l'industrie et soutenir les entreprises : avec une action spécifique sur la filière automobile et plus généralement par des facilités de trésorerie à court terme. 5/ Promouvoir la croissance verte avec des mesures ciblées mises en évidence lors du "grenelle de l'environnement". 6/ Réguler la finance en imposant un code de bonne conduite aux banques recapitalisées et au travers d'un projet de loi Européen et national fixant des règles sur les transactions financières sur la rémunération des acteurs et sur les paradis fiscaux. Avec ce contre-plan, les socialistes ré-ouvrent le débat du fonctionnement de notre économie dans la globalisation, débat qui est le plus souvent évacué par la droite au profit de slogans qui rattrapés par la réalité font le plus souvent long feu. Nous souhaitons ainsi interpeller le gouvernement pour éviter de retrouver notre pays dans une situation plus dégradée encore que celle qui prévalue à la dissolution de 1997. Amitiés socialistes, Gauthier Vantieghem Secrétaire de section Lundi 9 Février 2009
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