Il faut réinventer la gauche… toute la gaucheAujourd’hui nous en convenons tous, la gauche va mal ! Mais je ne pense pas qu’il soit bon de nous apitoyer sur notre sort et il convient d’avancer en faisant, dans un premier temps, la critique de ce qui n’a pas été ces dernières années et, dans un second temps, en proposant un nouveau projet, un projet révolutionnaire mais en concordance avec notre temps dans tous les domaines (pas que le domaine social).
parti socialiste rénovation
Ségolène Royal a fait une campagne courageuse, osée, novatrice (démocratie participative, …) et n’a pas toujours été comprise ni soutenue par des ténors (des éléphants) du Parti socialiste. Bien sûr elle a fait des erreurs stratégiques, mais quel candidat n’en fait pas et les médias ne se sont pas privés pour mettre en avant ses erreurs bien plus que celles de son concurrent de la droite Républicaine qui n’a pas manqué d’en faire. Je ne suis pas là non plus pour faire l’éloge de Ségolène Royal, qui, j’en conviens, à la suite de la défaite (mot qu’elle n’arrive pas à prononcer) m’a beaucoup déçu par les divers propos qu’elle a pu tenir. Mais elle a également le mérite d’avoir fait en six mois ce que le PS n’a pas su faire en quinze ans, c'est-à-dire, entre autre, d’avoir dialoguée avec d’autres forces que les forces issues de l’ex-gauche plurielle et notamment le MoDem de François Bayrou et donc de tendre à bousculer les frontières politiques ou partisanes. Elle a également mis en avant les « failles » du système socialiste ce qui va nous permettre d’avancer. Le sociologue Loic Wacquant l’a bien résumé dans une interview qu’il a donné juste avant le 2nd tour de l’élection présidentielle : « avec sa façon de chambouler l'appareil socialiste, elle a fait plus en six mois que toutes nos protestations depuis quinze ans ». Cependant, si elle a apportée sa pierre à l’édifice socialiste, il y a encore énormément à faire et une implosion pure et simple du PS ne serait pas la pire des choses, bien au contraire, car elle permettrait de mettre à plat tout le logiciel socialiste et de le faire évoluer considérablement (de manière révolutionnaire, camarade !!!).
Qu’est qui pourrait être une implosion intelligente pour le PS et qu’est qu’elle pourrait apporter au reste de la gauche ?  Nous sommes, probablement, avec le PCF, le parti le plus conservateur de France dans le sens ou son idéologie et ses pratiques n’ont, pour ainsi dire, pas (ou très peu) évoluées depuis 1988 et la réélection de François Mitterrand. Différentes évolutions sont donc nécessaires : 1) La première d’entre elles, est la nécessité d’un renouvellement de la classe politique de gauche de manière substantielle et générationnelle, la droite a commencé ce processus, il faut s’en inspirer. Il faut, je pense, s’y prendre à la manière d’une équipe de football qui vise les premières places, c'est-à-dire garder un cadre d’expérience sur chaque ligne et faire confiance aux plus jeunes, aux nouveaux talents en ce qui concerne le reste de l’effectif. Ce n’est que par là que le PS se révolutionnera. Si cela continue, on va pouvoir ouvrir un zoo tropical au PS entre les éléphants, d’un côté, la gazelle, de l’autre, et enfin les lions… 2) Un peu dans le prolongement de l’idée précédente et dans l’introduction de l’idée suivante, je crois que le PS français doit favoriser la création d’un parti « anti-libéral » dans l’optique de se purger (sans faire de jacobinisme) de l’aile la plus à gauche et donc la plus conservatrice de notre parti et ainsi le rendre cohérent. Historiquement, le PS est un rassemblement de petits partis allant du centre à la gauche extrême (que je préfère différencier de l’extrême gauche), cela nous a beaucoup porté préjudice d’avoir tant de disparités dans un même parti. Il va falloir réellement se retrouver sous un même pavillon, aller dans le même sens et avoir les mêmes objectifs… 3) Le PS français doit être capable de se mettre au diapason avec les autres PS européens. Il faut en convenir, la sociale-démocratie que prône Dominique Strauss-Kahn est, en partie, la voie à suivre, cependant il faut se diriger vers une sociale-démocratie « new-look » (et je suis prêt à ouvrir une commission de réflexion fin 2007 pour qu’on en discute). « New-look », car la sociale-démocratie comme on l’entend dans les pays scandinaves commence, elle aussi, à « rouiller », donc il conviendrait de garder la colonne vertébrale mais, de la modifier sur un bon nombre de points pour l’adapter aux réalités actuelles. Le PS ne peut plus vivre dans l’ambiguïté permanente, notre parti doit être résolument tourné vers le capitalisme et l’économie de marché s’il veut survivre. Le « blairisme » ne doit plus être un gros mot (Tony Blair a permis d’énormes avancées en Grande-Bretagne sur le plan économique et social) et le « libéralisme » (entendu dans le sens de liberté y compris pour les salariés et les classes populaires) ne doit pas être accusé de tous les maux, cela doit même être un mot de notre vocabulaire (je rappellerai que les partis libéraux européens, dans leur majorité, sont de centre-gauche  gouvernement Prodi, Brown, … et c’est un mauvais procès que de confondre libéralisme et droite (plus assimilé à conservatisme qu’autre chose)). Arrêtons donc avec notre exception culturelle, symbole de conservatisme ! 4) Le PS français, doit être un parti « ultra-pro-européen » (Révolutionnaire en la matière) pour faciliter l’éclosion à long terme d’Etats-Unis d’Europe. Il faut du courage politique, ce qui nous a trop souvent fait défaut. Il n’est jamais trop tard. C’est dès septembre 2007 que doit se lancer le processus de révolution de la gauche française, mais pour cela le premier secrétaire doit arrêter de chercher, en permanence, les compromis pour satisfaire tout le monde. Le courage politique n’est-il pas d’abord de trancher clairement dans un sens cohérent ? Edouard LABROUSSE (PS 17ème) Mardi 7 Août 2007
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