SES MOTS POUR LE DIRE
L'affaire Azouz Begag. La scène se passe en 2006 : le ministre délégué à l'Egalité des chances, interpellé à propos de quelques fortes saillies du ministre de l'Intérieur, s'excuse : « Je ne m'appelle pas Azouz Sarkozy. » En guise d'agression, on a connu plus destructeur ! Aussitôt, explosion de fureur de Sarkozy qui menace « de casser la gueule de l'insolent » et lui hurle, par saccades rageusement répétitives, qu'il est « un connard, un salaud, qu'il ne veut plus jamais le voir sur son chemin ». On imagine, un instant, Malek Boutih racontant, dans un livre, que Ségolène Royal lui a aboyé à la figure que François Hollande allait « lui casser la gueule » parce qu'il aurait osé murmurer : « Je ne m'appelle pas Malek Royal.
Un article qui le défrise dans Libération ? Il téléphone au propriétaire, qui est un ami : « Vous êtes un journal de merde ! Avec des journalistes de merde ! » Il refuse, contrairement à Royal et à Bayrou, pourtant très maltraité par Libé, de se rendre dans ce journal pour un entretien avec la rédaction : « Libé n'a qu'à se déplacer ! ». Il considère qu'il n'a pas été reçu à France 3 national avec les honneurs qui lui sont dus. A l'adresse de la direction il hurle : « Si je suis élu, je vous ferai tous virer ! »
INSULTES…
C’est d’« enculés » que se font traiter les confrères d’une radio qui lui ont apparemment tapé sur les nerfs… qu’il a sensibles. Il soupçonne un journaliste d’être favorable à François Bayrou. « Ils couchent ensemble », commente-t-il. Evoquant certains de ses adversaires, il prévient, carnassier : « Je vais tous les niquer. Les niquer ! » Plus macho, tu ouvres un harem. Parlant de Michèle Alliot-Marie, qu’il soupçonnait, à tort, d’avoir joué un rôle trouble dans l’affaire Clearstream, ne l’appelle-t-il pas « la salope » ?
ET, POURTANT, EN PRIVE, ILS LE DISENT
Tous les journalistes politiques savent, même s'ils s'interdisent (ou si on leur interdit) d'en faire état, qu'au sein même du camp dont Sarkozy se réclame on ne cesse de murmurer, de décliner, de conjuguer. Quoi ? Ça ! Lui confier le pouvoir, c'est, déclara Jacques Chirac à ses proches, « comme organiser une barbecue partie en plein été dans l'Estérel »
14 au 20 avril 2007 / Marianne