Section Paris 17

Témoignage : Rafle à Paris



Alors que je buvais un café au troquet près de mon bureau, quartier La Chapelle (Paris 18ème), en ce vendredi de février sur les coups de 11 heures du matin, quel choc de voir débouler la police dans ce café : « Messieurs, personne ne sort, contrôle d'identité ! ». Les policiers sont environ 4 en uniforme et 5 en civil ; dans le café, nous devons être environ 10 plus le patron et les 2 serveurs.

Je m'exécute et présente ma pièce d'identité. Des personnes voulant rentrer se font rembarrer très sèchement.

Les contrôles ont lieu et 3 (ou 4) personnes sont menottées ! OUI ! MENOTTEES !!! Les personnes appréhendées demande des explications, disent avoir leurs papiers chez eux. !! Entendu dans la bouche des policiers en réponse aux questions : « c'est ça oui, tu vas nous expliquer tout ça au poste » Entendu aussi : « tu en as combien toi ? » « moi, j'en ai un, là, et toi ? ». C'est bien, ils font du « chiffre » !!!

Cette rafle, oui ! cette rafle aura duré 10 minutes.

S'ensuit une atmosphère de dégoût dans le café, les personnes n'en reviennent pas, ils sont atterrés ! Entendu dans le café : « C'est Vichy ou quoi ? » - « Dans les quartiers chics, ils font pareil ? » « Au moment de la guerre d'Algérie c'était pareil». Il est à noter que toutes les personnes « blanches » n'ont pas été contrôlées !!! Etonnant non ? J'apprends par ailleurs que ce genre d'opération est courant dans le quartier (Stalingrad et Marx Dormoy).

J'ai l'impression d'être en guerre

Voilà les faits !

Une analyse ? Mes sentiments ?
J'ai peur, j'ai honte ! Où allons-nous ? Sommes-nous encore dans un pays démocratique et civilisé ? Cela ne suffit pas d'arrêter les enfants dans les écoles, les personnes sans-papiers faisant la queue à la soupe populaire. Maintenant, pour remplir leurs quotas, ils s'en prennent aux gens au hasard dans les lieux publics !

Oui, j'ai peur, j'ai l'impression d'être en guerre.
Je me devais de témoigner.
Parlez-en autour de vous !
Dénoncez cette politique inhumaine !

Je ne m'aventurerai pas dans une analyse politique, les faits parlent d'eux-mêmes, mais je peux vous assurer que je ferai ce qu'il m'est possible, à mon modeste petit niveau, pour que le toujours ministre de l'intérieur et candidat de la droite ne puisse continuer cette politique.

Paris, le 9 mars 2007

YB
Un citoyen parisien


Lundi 26 Mars 2007

           

Vos témoignages/réactions | Questions/réponses